Fidèle à sa mission de vulgarisation scientifique, la Chaire publique AELIÉS a organisé une édition de « Question de savoir » le 11 mars 2026 avec Siméon Roland Ekodo Mveng comme modérateur.
Nous avons reçu comme intervenant Monsieur Yannick Wilfried Mengue, stagiaire à l’IUCPQ, où il achève la rédaction de son mémoire de maîtrise en aménagement du territoire et développement régional de l’École supérieure d’aménagement du territoire et de développement régional (ÉSAD) de l’Université Laval. Le thème de cette discussion s’intitulait : L’exposition dans le temps aux principaux déterminants environnementaux aux âges relativement jeunes et le risque de diabète Mellitus de type 2 (DMT2) chez les adultes : une revue de littérature systématique.
Monsieur Mengue, qui est un chercheur émergent, a réalisé son cursus de baccalauréat en économie à l’Université de Yaoundé 2 – Cameroun (2007). Il a poursuivi ses études à la maîtrise en démographie à l’Université de Yaoundé 2 – Cameroun (2010), puis en économie de l’environnement à l’Université de Bordeaux – France (2014), portant sur l’impact de l’environnement social et physique sur la santé et l’économie. Ses intérêts de recherche se situent principalement dans les déterminants environnementaux de la santé, les inégalités environnementales en santé, l’évaluation d’impact sur la santé (EIS), l’analyse du risque en santé, le système d’information géographique, l’analyse spatiale et la modélisation statistique.
Notre intervenant est parti sur un constat. À savoir que les chercheurs sont unanimes sur le fait que les causes du DMT2 sont multiples et intègrent des déterminants environnementaux (DEs) physiques et sociaux. Mais c’est la différence et parfois la contradiction des résultats d’études selon la population et la zone d’étude qui ont conduit à réaliser cette revue systématique. La stratégie de recherche sur diverses expositions (pollution, environnement bâti et socioéconomique) a porté sur six bases de données (PubMed Central, Embase, Elsevier, CINAHL Plus, Web of Science, EBSCOhost) et la littérature grise. Il observe que les critères de sélection étaient : disponibilité du texte intégral, cas validés de DMT2, participants âgés de 18 ans ou plus, exposition et risque quantifiés. 169 études ont été sélectionnées. Il souligne qu’aucune donnée probante n’a établi de lien entre l’environnement bâti associé à l’activité physique et le DMT2. Des associations longitudinales positives ont été observées : paysage alimentaire (Effet estimé ajusté ou Adj_ES entre 1,03 et 3,12), pollution chimique (Adj_ES entre 1,01 et 9,26), pollution lumineuse (Adj_ES entre 1,01 et 1,30) et pollution sonore (Adj_ES entre 1 et 1,05). Il relève également que des associations longitudinales inverses ont été observées : défavorisation socioéconomique du milieu résidentiel (Adj_ES entre 0,62 et 0,99) et normes culturelles (Adj_ES entre 0,97 et 0,99). Des différences entre zones rurales (Adj_ES entre 1,25 et 1,37) et urbaines (Adj_ES entre 1,16 et 1,29), ainsi qu’entre femmes (Adj_ES entre 1,17 et 1,31) et hommes (Adj_ES entre 1,06 et 1,20) concernant la pollution chimique. Toutefois, note notre chercheur, la prudence s’impose dans l’interprétation des résultats en raison de biais et de problèmes de généralisation.
Cette riche et stimulante contribution a donné lieu à un grand intérêt du public estudiantin que nous saluons. Nous exprimons aussi notre gratitude aux membres de l’AELIÉS et de la chaire publique qui se sont mobilisés pour cet événement scientifique.

